Nouvelles sur la COVID-19 – Cette rubrique souligne les derniers renseignements sur les technologies de la santé à l’étude en vue du traitement ou de la prévention de la COVID-19. Elle se veut un avis rapide sur les nouvelles d’intérêt et n’est à jour qu’au moment de publication. La recherche évolue rapidement, et l’ACMTS continuera de surveiller ces sujets et mettra l’information à jour au besoin.


Mise à jour : le 14 avril 2021 | 16 h 05

Le budésonide inhalé en milieu extrahospitalier chez les patients à risque d’évolution défavorable de la COVID-19

L’essai en cours PRINCIPLE (en anglais) est un essai clinique randomisé ouvert et adaptatif, multicentrique, à volets multiples (ISRCTN86534580, en anglais), qui évalue diverses interventions, notamment le budésonide inhalé, chez des patients non hospitalisés âgés de 65 ans et plus, ou des patients présentant des comorbidités âgés de 50 ans ou plus, ayant un diagnostic confirmé ou suspecté de COVID-19 et manifestant des symptômes. Une analyse intermédiaire, rendue accessible en prépublication (en anglais), porte sur des patients ayant une infection au coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2) confirmée, répartis aléatoirement dans deux groupes : l’un recevant les soins usuels et 800 µg de budésonide inhalé deux fois par jour durant 14 jours (751 patients), et l’autre recevant uniquement les soins usuels (1 028 patients). Les deux principaux critères d’évaluation sont le délai de rétablissement autodéclaré et le taux d’hospitalisations ou de décès attribuables à la COVID-19 dans les 28 jours. Le délai de rétablissement des patients du groupe recevant le budésonide se révèle statistiquement plus court par rapport à celui des patients recevant uniquement les soins usuels. Bien que les hospitalisations et les décès soient moins nombreux dans le groupe de patients recevant le budésonide, les résultats ne montrent pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes. Les résultats préliminaires rendus accessibles en prépublication doivent toujours être interprétés avec prudence.


Mise à jour : le 1 avril 2021 | 12 h 20

L’anticorps monoclonal léronlimab

Le 23 mars, Santé Canada a reçu une demande d’autorisation pour le léronlimab en vertu de l’arrêté d’urgence sur la COVID-19; la demande est en cours d’évaluation. La FDA américaine a accordé à CytoDyn une autorisation d’urgence de nouveau médicament de recherche pour le léronlimab (en anglais) dans le contexte de la COVID-19. Un essai contrôlé randomisé multicentrique de phases IIb/III à deux groupes, contre placébo et à double insu (NCT04347239) a été mené auprès de patients adultes hospitalisés présentant une forme grave ou critique de la COVID-19, qui ont reçu chaque semaine des injections sous-cutanées soit de léronlimab (700 mg) soit de placébo. Le critère d’évaluation principal est la mortalité toutes causes confondues après 28 jours. D’après des résultats reposant sur 309 patients d’une population en intention de traiter modifiée rendus disponibles dans un communiqué (en anglais) le 30 mars 2021, il y aurait une réduction du risque absolu de décès après 28 jours de 6,5 % chez les patients ayant reçu le léronlimab comparativement à ceux ayant reçu le placébo, en combinaison avec d’autres traitements contre la COVID-19 (P = 0,0319). Les résultats préliminaires doivent toujours être interprétés avec prudence. L’ACMTS restera à l’affut de nouvelles données probantes sur les anticorps monoclonaux dans le contexte de la COVID-19.

Mise à jour : le 1 avril 2021 | 11 h 20

Le lenzilumab dans le traitement de la pneumonie associée à la COVID-19

Un essai de phase III portant sur le lenzilumab (un anticorps monoclonal contre le facteur de croissance GM-CSF) a été mené à bien, et les résultats sont présentés dans un communiqué (en anglais). L’essai contrôlé randomisé multicentrique, mené contre placébo en double insu (NCT04351152), portait sur 520 patients hospitalisés atteints de pneumonie grave ou critique associée à la COVID-19. Tous les patients ont reçu le traitement usuel, soit le remdésivir, la dexaméthasone ou ces deux agents. Les résultats sont favorables au lenzilumab en ce qui concerne le critère d’évaluation principal, soit la survie sans ventilateur après 28 jours. Le fabricant a l’intention de demander une autorisation d’utilisation d’urgence à la FDA américaine. L’ACMTS restera à l’affut de nouvelles données sur ce médicament.


Mise à jour : le 30 mars 2021 | 16 h 20

Les antagonistes du récepteur de l’interleukine-6 : le tocilizumab et le sarilumab

Dans un examen technologique du tocilizumab et du sarilumab (en anglais), l’ACMTS s’est penchée sur 11 essais contrôlés randomisés, notamment sur des résultats préliminaires décrits dans un article en prépublication sur l’essai RECOVERY (en anglais).

Mise à jour : le 23 février 2021 | 16 h 55

L’ACMTS a réalisé un examen technologique du tocilizumab et du sarilumab; le rapport sera mis à jour à la lumière des résultats préliminaires décrits dans un article en prépublication sur l’essai RECOVERY.

Mise à jour : le 15 janvier 2021 | 16 h 15

Le 7 janvier 2021, des résultats préliminaires sur l’efficacité des antagonistes du récepteur de l’interleukine-6 chez les patients atteints de la COVID-19 en phase critique ont été rendus disponibles en prépublication (NCT02735707). L’essai REMAP-CAP est un essai clinique randomisé international de type plateforme toujours en cours; suivant un devis ouvert, multifactoriel et adaptatif, il comprend des sous-plateformes imbriquées. L’essai est mené auprès de patients atteints de pneumonie extrahospitalière associée à la COVID-19 admis aux soins intensifs et recevant un soutien respiratoire ou cardiovasculaire. Les patients sont répartis aléatoirement dans des groupes recevant soit le tocilizumab (N = 353), soit le sarilumab (N = 48), soit les soins usuels (N = 402). Le critère d’évaluation principal est le nombre de jours sans soutien respiratoire ou cardiovasculaire au jour 21. Par comparaison avec les soins usuels, le rapport de cotes ajusté médian (modèle primaire) est de 1,64 pour le tocilizumab (intervalle de crédibilité à 95 % de 1,25 à 2,14) et de 1,76 pour le sarilumab (intervalle de crédibilité à 95 % de 1,17 à 2,91), les probabilités à postériori de supériorité étant de > 99,9 % et de 99,5 %. Les résultats préliminaires doivent toujours être interprétés avec prudence. En outre, cette étude n’a pas fait l’objet d’une évaluation par les pairs.

Le 17 décembre 2020 ont été publiés les résultats de l’étude EMPACTA (Evaluating Minority Patients with Actemra, ou évaluer l’Actemra chez les patients issus de minorités), un essai clinique randomisé multicentrique de phase III mené en double insu contre placébo (NCT04372186). Cette étude a été réalisée auprès de patients hospitalisés atteints de pneumonie attribuable à la COVID-19 ne recevant pas de ventilation mécanique. Les patients ont été répartis aléatoirement dans deux groupes recevant les soins usuels et soit le tocilizumab (N = 259) soit un placébo (N = 129). Le principal critère d’évaluation de l’efficacité est la ventilation mécanique ou le décès au jour 28. Le risque de décès est plus faible dans le groupe recevant le tocilizumab que dans celui recevant le placébo (rapport des risques instantanés : 0,56; intervalle de confiance à 95 % de 0,33 à 0,97).

L’ACMTS est à réaliser un examen technologique des traitements dirigés contre le récepteur de l’interleukine-6 dans la prise en charge de la COVID-19.


Mise à jour : le 15 mars 2021 | 12h 35

L’anticorps monoclonal VIR-7831

Le 10 mars 2021 a été publié un communiqué (en anglais) décrivant les résultats préliminaires concernant un anticorps monoclonal, VIR-7831, utilisé en monothérapie dans le traitement précoce de la COVID-19 chez les patients non hospitalisés. L’essai COMET-ICE (COVID-19 Monoclonal Antibody Efficacy Trial – Intent to Care Early) est un essai contrôlé randomisé de phase III, multicentrique, toujours en cours, mené en double insu contre placébo. L’essai porte sur des adultes ayant une infection au coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2 (SRAS-CoV-2) confirmée et dont la saturation en oxygène est d’au moins 94 %, et les patients reçoivent soit l’anticorps VIR-7831, soit le placébo (NCT04545060). À la lumière de résultats préliminaires portant sur 583 patients et démontrant une réduction de 85 % des critères d’évaluations principaux que sont l’hospitalisation et le décès chez les patients ayant reçu l’anticorps VIR-7831 comparativement à ceux ayant reçu le placébo (P = 0,002), le comité indépendant de surveillance des données et de l’innocuité recommande de mettre fin à l’essai COMET-ICE. Les résultats préliminaires doivent toujours être interprétés avec prudence. L’ACMTS restera à l’affut de nouvelles données probantes sur les anticorps monoclonaux dans la prise en charge de la COVID-19.


Le remdésivir

Mise à jour : le 01 mars 2020 | 16 h 20

L’ACMTS a examiné cinq essais cliniques randomisés, notamment les résultats intermédiaires de l’essai Solidarity de l’OMS, dans le cadre d’un examen technologique du remdésivir (rapport en anglais).


Mise à jour : le 1 mars 2021 | 16 h 20

L’essai Solidarity de l’OMS : le remdésivir

L’ACMTS a examiné cinq essais cliniques randomisés, notamment les résultats intermédiaires de l’essai Solidarity de l’OMS, dans le cadre d’un examen technologique du remdésivir (rapport en anglais).


Mise à jour : le 11 février 2021 | 13h 35

La FDA accorde une autorisation d’utilisation d’urgence au traitement combiné de bamlanivimab et d’étésévimab

Le 9 février 2021, la FDA a produit une autorisation d’utilisation d’urgence (en anglais) à la combinaison des anticorps monoclonaux bamlanivimab et étésévimab dans le traitement de la COVID-19 de forme légère ou modérée chez les adultes et les enfants (âgés de 12 ans et plus pesant au moins 40 kg) ayant obtenu un résultat positif au dépistage du SARS-CoV-2 et présentant un haut risque d’évolution vers une forme grave ou d’hospitalisation. L’autorisation s’appuie sur les résultats de l’essai clinique randomisé BLAZE-1 (NCT04427501) (les trois liens sont en anglais). L’essai a montré qu’un traitement combinant le bamlanivimab et l’étésévimab, comparativement à un placébo, était associé à une réduction statistiquement significative de la charge virale de coronavirus du syndrome respiratoire aigu sévère 2, ou SRAS-CoV-2, au 11e jour, soit le critère d’évaluation principal (différence entre les groupes de ‒0,57; intervalle de confiance à 95 %, de ‒1,00 à ‒0,14; P = 0,01). Cette autorisation ne s’applique pas au traitement des patients hospitalisés ou ayant besoin d’oxygénothérapie en raison de la COVID-19. La FDA a déjà produit une autorisation d’utilisation d’urgence (en anglais) pour le traitement par le bamlanivimab de formes légères ou modérées de COVID-19. Au Canada, le bamlanivimab est autorisé avec conditions dans le traitement des formes légères ou modérées de COVID-19.


Mise à jour : le 10 février 2021 | 15h 50

L’azithromycine

Le 2 février 2021, la revue The Lancet a publié les résultats de l’essai RECOVERY (NCT04381936; les trois liens sont en anglais) concernant l’azithromycine. L’essai RECOVERY, basé au Royaume-Uni, est un essai contrôlé randomisé multicentrique (176 hôpitaux) à devis ouvert, évolutif, de type plateforme; il comporte plusieurs volets comparant différents traitements aux soins usuels. Bien que les volets sur la dexaméthasone, l’hydroxychloroquine, l’association lopinavir-ritonavir, le plasma convalescent et le tocilizumab aient été interrompus, l’essai est toujours en cours pour les volets sur le REGN-COV2, l’aspirine et la colchicine. Dans l’article présenté ici, 7 763 patients hospitalisés atteints de la COVID-19 ont été répartis aléatoirement dans deux groupes, l’un recevant les soins usuels (5 181 patients) et l’autre recevant les soins usuels et 500 mg par jour d’azithromycine par voie orale ou intraveineuse durant 10 jours ou jusqu’au congé (2 582 patients). La durée médiane du traitement par l’azithromycine est de 6 jours (écart interquartile de 3 à 10 jours). Il n’y a pas de différence statistiquement significative entre les deux groupes pour ce qui est du critère d’évaluation principal, soit la mortalité à 28 jours, toutes causes confondues (rapport de taux : 0,97; intervalle de confiance à 95 % de 0,87 à 1,07; valeur P = 0,50). Il n’y a pas non plus de différence statistiquement significative pour les critères secondaires, notamment la durée du séjour à l’hôpital et la proportion des patients ayant reçu leur congé dans les 28 jours. L’essai cesse donc le recrutement de patients pour ce volet.


Mise à jour : le 27 janvier 2021 | 9h 40

Les anticorps neutralisants ciblant le SRAS-CoV-2 : le bamlanivimab dans la prévention de la COVID-19

Le 21 janvier 2021 a été publié un communiqué de presse décrivant les résultats de l’essai BLAZE-2 (NCT04497987). Il s’agit d’un essai clinique randomisé multicentrique de phase III mené en double insu contre placébo aux États-Unis afin d’évaluer l’anticorps neutralisant ciblant le SRAS-CoV-2 bamlanivimab (aussi appelé LY-CoV555 ou LY3819253) à 4 200 mg par rapport à un placébo dans la prévention de la COVID-19 chez les résidents et le personnel de centres de soins infirmiers et de résidences assistées. Le bamlanivimab a reçu récemment une autorisation sous conditions au Canada dans le traitement des formes légères ou modérées de la COVID-19. Pour qu’une personne soit admissible à l’étude BLAZE-2, il devait y avoir eu au moins un cas confirmé d’infection par le SRAS-CoV-2 chez les résidents ou le personnel de son établissement au plus tard sept jours avant la répartition aléatoire. Le critère d’évaluation principal de l’étude est l’incidence cumulative de la COVID-19 dans les 21 jours. L’analyse de ce critère porte sur 965 participants (299 résidents et 666 membres du personnel) ayant reçu au départ un résultat négatif au test de dépistage du SARS-CoV-2. La fréquence des cas de COVID-19 symptomatique est plus faible dans le groupe recevant le bamlanivimab que dans le groupe recevant le placébo (rapport de cotes de 0,43; p = 0,00021) au suivi après 8 semaines. Aucune conclusion ne peut être tirée de ces renseignements avant la publication des résultats intégraux dans une revue avec comité de lecture.


Mise à jour : le 26 janvier 2021 | 16h 25

L’anticoagulothérapie par héparine et par héparine de faible poids moléculaire

Le 22 janvier 2021, un communiqué de presse (en anglais) a révélé les résultats préliminaires d’un essai sur l’efficacité de l’anticoagulothérapie par dose complète d’héparine ou par héparine de faible poids moléculaire chez les patients hospitalisés atteints de COVID-19 (NCT04372589, en anglais). Au Canada, l’héparine et les héparines de faible poids moléculaire (énoxaparine, tinzaparine et daltéparine) sont des anticoagulants indiqués dans le traitement et la prévention des thromboembolies. L’essai ATTACC (Anti-Thrombotic Therapy to Ameliorate Complications of COVID-19) est un essai randomisé comparatif à l’échelle internationale, à devis ouvert, adaptatif, portant sur des adultes hospitalisés atteints de COVID-19 ne recevant pas de soutien organique comme la ventilation mécanique. Les patients, répartis de façon aléatoire, ont reçu durant 14 jours une anticoagulothérapie par héparine (héparine de faible poids moléculaire par voie sous-cutanée ou perfusion d’héparine non fractionnée par voie intraveineuse) ou par un traitement anticoagulant usuel à dose prophylactique conforme à la pratique locale. Le critère d’évaluation principal est le nombre de jours de survie sans soutien organique durant l’essai, au 21e jour.

Bien que le communiqué ne présente pas de résultats définitifs, les résultats intermédiaires chez plus de 1 300 patients hospitalisés atteints de COVID-19 montrent la supériorité des anticoagulants à dose complète par rapport au traitement anticoagulant usuel à dose prophylactique. Aucune conclusion ne devrait être tirée de ces renseignements avant la publication des résultats intégraux dans une revue avec comité de lecture


Mise à jour : le 26 janvier 2021 | 09h 50

La colchicine

Le 23 janvier 2021, un communiqué de presse a dévoilé les résultats d’une étude sur l’efficacité de la colchicine dans le traitement de la COVID-19 chez des patients non hospitalisés (NCT04322682, en anglais). Au Canada, la colchicine est déjà indiquée dans le traitement et la prévention des crises de goutte. L’étude COLCORONA (Colchicine Coronavirus SARS-CoV2) est un essai randomisé à double insu, comparatif avec placébo, multicentrique, mené dans plusieurs régions du monde, qui porte sur des adultes atteints de COVID-19 non hospitalisés et présentant au moins un facteur de risque élevé. Les patients, répartis au hasard, ont reçu la colchicine ou le placébo, en comprimés administrés par voie orale, durant 30 jours (N total = 4 488). Le critère d’évaluation principal, mixte, comprenait le décès ou l’hospitalisation attribuables à la COVID-19 mesurés jusqu’à 30 jours après la randomisation. Comparativement au placébo, la colchicine a réduit le risque de décès ou d’hospitalisation de 21 % dans l’ensemble de la population de l’étude, soit 4 488 patients. Ce pourcentage demeure toutefois en deçà de la signification statistique. Les résultats restreints aux patients ayant un diagnostic confirmé de COVID-19 (N = 4 159) montrent un risque de décès ou d’hospitalisation réduit de façon statistiquement significative. Cependant, ces résultats n’ont pas encore été présentés. Dans ce groupe restreint, on constate une réduction des hospitalisations de 25 %, du recours à la ventilation mécanique de 50 % et des décès de 44 %. Il faut donc interpréter les résultats avec prudence étant donné l’information limitée rapportée dans le communiqué. Il faudra donc attendre la publication des résultats intégraux dans une revue avec comité de lecture avant de pouvoir tirer des conclusions.